DES QUESTIONS POLITIQUES AU SEXUEL : QUEL PASSAGE ?

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congresLa psychanalyse comme pratique s’occupe de ce qui ne va pas, sur le plan individuel, du un par un avec le patient. Bien entendu, cela lui demande aussi, au psychanalyste, une écoute particulière du côté de la cité, du malaise de la civilisation dans laquelle nous vivons.

Peut-on séparer psychique et social ? Si oui qu’est-ce-qui fait séparation ? Si non qu’est-ce-qui fait lien ou recouvrement ?
Où s’inscrit le collectif avec ses énoncés si ce n’est pas dans l’individuel du sujet de l’énonciation ?
Il parle Je ou pas du tout. Pourtant, le champ social et culturel reste la matrice dans laquelle le sujet s’assimile à l’essence de l’homme en s’identifiant à un trait. De ce fait, le sujet est parlé plutôt qu’il ne parle.

photos prises à l’exposition Universelle de Milan 2014/2105.

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L’homme cherche avant tout un désir de reconnaissance, et il trouve son sens dans le désir de l’autre, pourquoi ? Parce que son « premier objet est d’être reconnu par l’autre » Lacan (1). Déjà Kojève l’énonçait autrement : « l’être humain ne se constitue qu’en fonction d’un désir portant sur un autre désir, c’est à dire en fin de compte, d’un désir de reconnaissance ».
Pour le psychanalyste c’est dans l’expérience intersubjective où le désir se fait reconnaître.
Dans la société c’est le langage qui est l’énoncé collectif alors que pour un sujet donné c’est sa parole qui fera énonciation. C’est bien là le problème, le rapport entre parole et langage diffère.
Dans la folie, le sujet est pris dans le langage, mais il ne parle pas dans sa propre langue pour se faire reconnaître, il est parlé par l’expert, donc il est sans parole, il se fige dans un cas de la nosographie générale et intemporelle, qui définit le psychisme en tout temps et en tout lieu.
Dans la névrose, langage et paroles se rencontrent grâce au retour du refoulé que sont les formations de l’inconscient, ça se dialectise, ça se met en marche l’un par l’autre.

photos prises à l’exposition Universelle de Milan 2014/2105.

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L’homme moderne correspondrait à l’aliénation de la folie, du fait que le sujet y est parlé plutôt qu’il ne parle. Oui mais comment ? Le langage et la parole sont antinomiques, ils se juxtaposent sans se rencontrer. Ce nouveau discours né au XVIIè siècle, celui de la Science, tend de plus en plus à l’objectivation qui circule selon cette triple communication sans frontières : le marché des biens, la migration des familles et l’information médiatique. Un langage sans sujet envahit le travail et le loisir. La transmission d’informations par un discours universel subvertit à la fois notre langue et nos rapports sociaux. Que me veut l’Autre ? Qui suis-je pour lui ? L’énigme du Désir, la naissance et la mort sont désubjectivées, pas d’interrogation sur son être ! Par ailleurs, le pouvoir poétique et particulier de la langue que devient-il ?

photos prises à l’exposition Universelle de Milan 2014/2105.

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Dans la cure, le névrosé se soigne avec la parole, et avant tout avec la sienne. Cette course insensée aux progrès crait une grande lassitude, travailler toujours plus, plus vite, mieux encore.
Les idéaux tombent, l’investissement dans le travail s’épuise. En parlant, en racontant en s’expliquant lui-même, l’analysant souffre de ne pas comprendre pourquoi il a si peur de penser à des choses bizarres, de vouloir tout contrôler, il panique sans trouver le sens à l’absurdité de ses comportements. En adressant sa parole à un autre, il va historiser peu à peu son histoire, sa mémoire, en découvrant que ce qui parle en lui, crée le monde des choses confusément. Cet homme, animal parlant à travers son discours offert à l’analyste qui écoute, va déblayer le terrain, sortir du symptôme et du réel qui veut donner sens à tout, pour rencontrer l’autre Réel, celui de l’impossible, du pas-tout, du manque à être, soit sa propre castration.

photos prises à l’exposition Universelle de Milan 2014/2105.

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Dans le collectif, tous les conflits entre groupes ou entre individus seront mis sur le dos d’une mauvaise communication, d’un déficit des savoirs, pour faire tomber le malentendu il suffirait de parler plus clairement et plus longuement pensera-t-on, pure illusion ! Ici il s’agira d’interactions entre les sujets entendus comme sujets psychologiques au savoir particulier, selon un concept philosophique qui n’a rien de psychanalytique. Le sujet de la psychanalyse est un concept subversif par rapport à l’approche classique de la philosophie.L’être humain n’échappe pas à la structuration par le langage, ce que Freud appelle simplement l’inconscient. Dans la communication, on ne peut atteindre l’Autre par la parole, cet Autre s’avère hors de portée . Le langage est aussi bien fait pour nous fonder dans l’Autre que pour nous empêcher radicalement de le comprendre. C’est pourquoi nous disons que le sujet est toujours séparé de l’ Autre par le mur du langage. Si nous revenons sur le langage sans sujet de l’homo technicus, nous constatons qu’il s’oubliera en se faisant l’instrument qui doit répondre à l’échec technique « du comment faire ? » par une solution purement technique , pour ne pas avoir à penser au « pourquoi faire cela ? ».
photos prises à l’exposition Universelle de Milan

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La mondialisation des marchés avec son uniformisation des usages (la macdonisation) par la mise en place d’une règlementation gestionnaire implacable n’est pas sans avoir des effets sociaux contraires. On passe de la domination par la communication généralisée par internet de l’espace, à l’échelle planétaire, à neutraliser sans poésie, à un repli identitaire qui favorise lui la ségrégation. Gare à celui qui ne pensera pas comme moi ! Exclu d’office. Ainsi, à la revendication du Moi de chacun, pour une fraternité groupale afin de garder le secret de la pureté éthnique , en exaltant ses racines, ses traditions, s’érigent deux complicités entre deux contraires : l’exigence d’information sans censure qui vous laisse sans pensée et la propagande qui vous impose telle réponse urgente aux questions mêmes soulevées par l’information.
Heidegger (2) ne disait-il pas : « L’absence de pensée est un hôte inquiétant qui s’insinue partout dans le monde d’aujourd’hui ».
Nous savons jusqu’où cela nous a déjà conduit, Adolf Eichmann pris dans un système bureaucratique, en tant qu’homme « normal », ce sont ses actes qui ont comptés pour lui et non ses sentiments subjectifs, puisqu’il se devait d’exécuter les ordres en faisant son travail.

photos prises à l’exposition Universelle de Milan

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L’homme moderne cherche t-il à travers ses expériences de maîtrise à renforcer un Moi fort pour toujours mieux s’adapter au mal, au risque de se perdre en tant que sujet pensant ?
Freud a fait rupture avec tout inconscient collectif, le Moi n’est pas le sujet, juste une méconnaissance, cependant que l’Ego psychologie promeut l’identification du Moi selon les traits de l’Idéal du Moi, côté narcissisant de l’affaire, l’inconscient freudien disparaît dans cette adaptation à la réalité sociale. En effet, nul énoncé collectif ne peut dire ce qu’est un être féminin ou un être masculin. « Il n’y a pas d’énoncé collectif du sujet de l’énonciation » pourra dire Lacan.

photos prises à l’exposition Universelle de Milan

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Et le sexuel dans tout cela quel rapport ?

Malgré les résistances de l’époque, Freud a affirmé qu’il existait une sexualité infantile. Sans l’avoir inventé il en a découvert le caractère fondamental, organisateur et dynamique dans le développement de la vie sexuelle et psychique ultérieure. Dans « les trois essais sur la théorie sexuelle » il affirmera clairement sa thèse d’une vie sexuelle infantile et de son importance dans le devenir adulte. Donc, pas de vision idéale de l’enfance où règnerait innocence et vie asexuée.On l’aura compris, la vie sexuelle normale de l’adulte découle de toutes ses phases du développement sexuel de l’enfant, sachant que toute recherche de plaisir ne se réduit pas à la reproduction. Le noyau de la théorie psychanalytique se pose quand il démontre aussi qu’elle est pulsionnelle et a donc toujours à faire avec le partiel. Freud a repéré cette sexualité infantile grâce à sa clinique et aux dires des patients, celle-ci elle n’est que dite et s’analyse par les symptômes de celui qui souffre. Beaucoup de peurs et d’angoisse ont un lien avec le sexe, ce grand inconnu, et l’analyste aura pour tâche dans la parole de l’analysant de trouver ce qui fait rapport ou pas.

photos prises à l’exposition Universelle de Milan

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Aujourd’hui, le sexe est partout, chaque été il revient en force dans les magazines pour en démasquer les tabous s’il en reste ? D’ailleurs ne dit-on pas que le sexe ne fait plus peur ? La libération du sexe serait elle une feinte d’une société permissive qui ignorerait qu’elle est aussi porteuse d’avatars ?
Le thème de l’année nous a fait reposer la question de la différence des sexes en dépassant l’écueil freudien pour l’entendre plus loin que du côté de l’opposition actif, passif, sans pour autant succomber au ying et au yang. « Cette sortie du couple d’opposition se réalise par l’introduction du terme jouissance Phallique », point de référence obligé des deux sexes ; « mais qui ne se partagent pas de la même façon pour l’homme et la femme. » comme le développera Robert Levy (3) dans son séminaire les avatars du sexuel : « la sexualité féminine : attention danger », principalement relevée dans les groupes communautaires religieux qui exigent le voile de la femme. Il s’agirait là, de sexualiser la jouissance qui ne serait pas celle partagée avec l’homme soit la jouissance phallique mais, cette jouissance Autre, étrange, énigmatique qu’il faudrait faire disparaître puisqu’elle m’échappe donc que je ne peux collectiviser. Là encore, ce qui n’est pas identique à moi-même, ce qui renvoie à l’altérité, la disparité s’avère insupportable. Plus que la différence côté homme côté femme , il s’agit davantage de la question des jouissances que celle de la différence anatomique qui pourrait nous intéresser. Pour mieux délimiter les contours de ce fameux « roc de la castration » et de démontrer qu’il constitue le point de butée de l’analyse freudienne, Lacan dans son séminaire sur L’Angoisse sortira de cette limite pour en trouver une autre celle de l’enjeu d’une castration imaginaire , puisque le garçon, qui est pourvu de l’organe, imagine la possibilité de le perdre quand la fille, qui en est privée, imagine celle de l’avoir. Or pour Lacan, l’angoisse de castration qui est le fruit de cet enjeu imaginaire n’est ni le seul ni le dernier indice de la vérité du manque, celle qu’il cherche à débusquer dans L’Angoisse. Lacan fera l’hypothèse d’un au-delà de Freud et de son roc de la castration, en inventant l’objet a.
photos prises à l’exposition Universelle de Milan

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L’autre butée qu’il découvrira, c’est le « vice de structure » comme il le nomme, un manque réel, un vide insymbolisable au coeur du sujet. C’est dans cette béance irréductible que surgit l’angoisse et c’est ce qui, pour Lacan, constitue un manque. Dans le transfert freudien, Freud occupait une place phallicisée, non manquante, père idéalisé, séducteur, et non pas une place vide comme l’analyste doit se positionner pour permettre au sujet de découvrir l’amour réel, afin de se poser la question de son manque qui anime le désir.Le roc sur lequel butaient les femmes n’était-ce pas celui de Freud, inentamé, plus que le leur ? Le contexte politique et culturel du sexuel est très important, dans la Vienne du début du siècle Freud était lui aussi pris dans le patriarcat généralisé.
Dans le contexte actuel, l’homme moderne est de nouveau aux prises avec le sexe et la sexualité, le désir donc, non pas comme on aurait voulut le croire du côté de son épanouissement mais face aux forces conservatrices de l’ordre moral en Occident et aux fondamentalismes religieux. Le corps soumis à l’empire de l’image défile par internet et devient un langage de démonstration, excitant ainsi la pulsion scopique de chacun. Le Cybersexe par exemple, produit bien des images et ses avatars dont la question du voile en est l’illustration. Aujourd’hui, le malaise dans la culture est en partie à lier avec ce malaise du désir qui prend d’autres formes pour signifier qu’entre les hommes et les femmes ça boîte. Comment pourrait-il en être autrement quand leur mode de jouissance n’est pas le même et qu’ils sont soumis chacune, chacun à une construction fantasmatique elle aussi différente ?

Chantal Cazzadori
Psychanalyste, 11 oct.2015

Notes :

1. Lacan, les écrits p.268
2. Heidegger, l’expérience de la pensée, dans Questions, III, Paris 1966, P. 133
3. Robert Levy, « sexualité féminine: attention danger »Séminaire 5

http://www.analysefreudienne.net/fr/
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Traduction du texte précédent en espagnol par Guillaume FISCHER

La psicoanálisis, como practica, se encarga de lo que no va bien, en el plano individual, caso a caso por cada paciente. Obviamente, le pide también al psicoanalista, una atención peculiar del lado de la ciudad, del malestar de la civilización en la cual vivimos.
¿Se puede separar lo psíquico de lo social? Si la respuesta es sí ¿qué es que hace la separación? Si la respuesta es no ¿cuál es el vinculo entre los dos?
¿Dónde se inscribe el colectivo, con sus enunciados, si no en el individual del sujeto de la enunciación? El habla de Yo o no habla nada. Sin embargo, el campo social y cultural sigue siendo la matriz en la cual el sujeto se agrega a la esencia del hombre, identificándose a un rasgo. Por eso, el sujeto se habla más bien que habla.

El hombre busca en primer lugar un deseo de reconocimiento, y encuentra su sentido en el deseo del otro. ¿Por qué? Porque su “primer objetivo es ser reconocido por el otro” Lacan (1). Kojève ya lo enunciaba de otra manera : “el ser humano solo se constituye en función de un deseo relacionado a otro deseo, es decir finalmente, de un deseo de reconocimiento”.
Para el psicoanalista es dentro de la experiencia intersubjetiva que se hace reconocer el deseo.
En la sociedad el lenguaje es el enunciado colectivo mientras que para un sujeto dado, lo que hace enunciación es su propia palabra. Y este es el problema, la relación entre palabra y lenguaje es diferente.
En la locura, el sujeto está preso en el lenguaje, pero no habla en su propio idioma para hacerse reconocer, está hablado por el experto, luego está sin palabra, y está fijado en un caso de la nosografía general y intemporal, que define el psiquismo en todo tiempo y todo lugar.
En la neurosis, lenguaje y palabras se encuentran gracias a la vuelta de lo reprimido, que son las formaciones del inconsciente, y eso se pone en dialéctica, se pone en marcha, el uno por el otro.

El hombre moderno correspondería a la alienación de la locura, porque el sujeto está hablado en vez de hablar. Pero ¿cómo? El lenguaje y la palabra son antinómicos, se yuxtaponen sin encontrarse. Este nuevo discurso nació en el siglo XVII, el siglo de la Ciencia, que se aproxima cada vez mas a la objetivación, que circula según esta triple comunicación sin fronteras : el mercado de los bienes, la migración de las familias y la información mediática. Un lenguaje sin sujeto invade el trabajo y el ocio.
La transmisión de las informaciones por un discurso universal transforma a la vez nuestro idioma y nuestras relaciones sociales. ¿Qué quiere el Otro de mi? ¿Quién soy para él? La enigma del Deseo, el nacimiento y la muerte son desubjetivados, ¡no hay interrogaciones sobre su ser! Por otro lado, el poder poético y peculiar del idioma ¿qué pasa a ser?

En la cura, el neurótico se cura con la palabra, y ante todo con su propia palabra. Esta corrida sin sentido hacia el progreso genera una gran lasitud, trabajar cada vez mas, mas rápido, mejor.
Los ideales se desmoronan, la inversión en el trabajo se agota. Hablando, contando, explicándose a él mismo, el analizado sufre por no entender por qué tiene tanto miedo de pensar en cosas extrañas, de querer controlarlo todo, entra en pánico sin encontrar el sentido de la absurdidad de estos comportamientos. Hablándole a otro, va a historicizar poco a poco su historia, su memoria, descubriendo que lo que habla en él, crea el mundo de las cosas de manera confusa. Este hombre, animal hablando a través de su discurso que ofrece al analista, que lo escucha, va a salir del síntoma y de lo real que le quiere dar sentido a todo, para encontrar el otro Real, el real de lo imposible, del nada, de lo que falta ser, o sea su propia castración.
En el colectivo, culpan la mala comunicación, la falta de conocimientos, por todos los conflictos entre grupos o entre individuos, como si para disipar el malentendido, fuera suficiente hablar de manera mas clara, o mas tiempo, ¡pero eso es pura ilusión! Aquí, se trata de interacciones entre sujetos entendidos como sujetos psicológicos, cuyo saber es peculiar, según un concepto filosófico que no tiene nada de psicoanalítico. El sujeto de la psicoanálisis es un concepto subversivo en relación a la vía clásica de la filosofía. El ser humano no se escapa de la estructuración por el lenguaje, lo que Freud simplemente llama el inconsciente. En la comunicación, solo podemos alcanzar el Otro por la palabra, este Otro se revela ser fuera de alcance. El lenguaje está hecho a la vez para fundarnos en el Otro y para impedir de manera radical que lo entendiéramos. Por eso es que decimos que el sujeto siempre está separado del Otro por el muro del lenguaje. Si volvemos al lenguaje sin sujeto del homo technicus, constatamos que se va a olvidar haciéndose el instrumento que debe responder a la falla técnica del “ ¿cómo hacer?” por una solución puramente técnica, para no tener que pensar en el “ ¿por qué hacer eso?”.
La globalización de los mercados, con su uniformización de los hábitos (mcdonaldización) por la implementación de una reglamentación administradora implacable obviamente tiene efectos sociales contrarios. Pasamos de la dominación del espacio por la comunicación generalizada por Internet, a la escala planetaria, a neutralizar sin poesía, a un aislacionismo que favorece la segregación. ¡Cuidado a quién no piensa como yo! Excluido. Así, hacia la reivindicación del Yo por parte de cada uno, para una hermandad grupal con el fin de preservar el secreto de la pureza étnica, exaltando sus raíces, sus tradiciones, y vemos aparecer dos complicidades entre dos opuestos : la exigencia de información sin censura que nos deja sin pensamientos y la propaganda que nos impone una determinada respuesta urgente a las cuestiones planteadas por la información.
Heidegger (2) decía : “La ausencia de pensamiento es un invitado preocupante, que se insinúa por cualquier parte en el mundo de hoy”.
Sabemos bien donde nos ha conducido ya : Adolf Eichmann preso en un sistema burocrático, como hombre “normal”, fueron sus actos que contaron para él, y no sus sentimientos subjetivos, pues tenia que ejecutar las ordenes haciendo su trabajo.

¿Será que el hombre moderno busca, a través de sus experiencias de dominio, fortalecer un Yo potente para adaptarse cada vez mejor al mal, con el riesgo de perderse como sujeto pensante?
Freud creó una ruptura con cualquier inconsciente colectivo, el Yo no es el sujeto, solo un desconocimiento, mientras que el Ego psicológico promueve la identificación del Yo según los rasgos del Ideal del Yo, que es el lado narcisista de la situación, el inconsciente freudiano desaparece en esta adaptación a la realidad social. En efecto, ningún enunciado colectivo puede decir lo que es un ser femenino o un ser masculino. “No hay enunciado colectivo del sujeto de la enunciación” podría decir Lacan.

Y ¿qué tiene que ver lo sexual en eso?

A pesar de las resistencias de la época, Freud afirmó que existía una sexualidad infantil. Sin haberla inventado, descubrió su carácter fundamental, organizador y dinámico en el desarrollo de la vida sexual y psíquica a seguir. En sus “tres ensayos sobre la teoría sexual”, afirma claramente su tesis, o sea la existencia de una vida sexual infantil y de su importancia cuando uno se vuelve adulto. Por lo tanto, ninguna visión ideal de la infancia, donde solo habría inocencia y vida asexuada. Lo entendimos, la vida sexual normal del adulto proviene de todas las fases del desarrollo sexual del niño, sabiendo que toda busca de placer no se puede reducir a la reproducción. El núcleo de la teoría psicoanalítica se plantea cuando demuestra también que es pulsional, y tiende entonces siempre tiene que ver con lo parcial. Freud destacó esta sexualidad infantil gracias a su clínica y gracias a lo que le decían sus pacientes, y esta sexualidad solo está dicha, y se analiza por lo síntomas del que sufre. Muchos miedos y mucha angustia tienen que ver con el sexo, este gran desconocido, y el analista tendrá como tarea, encontrar en la palabra del analizado lo que tiene que ver o no.
Hoy, el sexo está por todas partes. Cada verano, vuelve con fuerza, en todas las revistas para desenmascarar sus últimos tabús, si es que todavía hay. ¿No se dice que el sexo no da mas miedo? ¿Será la liberación del sexo una finta de una sociedad permisiva que no sabe que también puede generar sus avatares?
El tema de este año nos hizo plantear de nuevo la cuestión de la diferencia de sexos, yendo más allá del problema freudiano, para entenderlo más allá del lado de la oposición entre activo y pasivo, sin caer en el ying y el yang. “Salir de esta oposición se realiza con la introducción de termino “jouissance Fálica””, punto de referencia obligatorio de los dos sexos ; “pero que no se comparte de la misma manera para el hombre y la mujer.” como lo explica Robert Levy (3) en su seminario “los avatares de lo sexual” : “ la sexualidad femenina : cuidado, peligro”, principalmente notable en los grupos comunitarios religiosos que exigen el velo para las mujeres. Se trataría ahí, de sexualizar la “jouissance” que no seria la que no está compartida con el hombre, o sea la “jouissance” fálica pero, esta Otra “jouissance”, extraña, enigmática, que tocaría hacer desaparecer porque se escapa y por eso no se puede colectivizar. De nuevo, lo que no es idéntico a yo mismo, lo que remite a una alteridad, a la diferencia, se revela insoportable. Mas que la diferencia entre el lado hombre y el lado mujer, se trata mas bien de la cuestión de las “jouissances” que de la cuestión de las diferencias anatómicas que podrían interesarnos. Para delimitar mejor los limites de esta famosa “ roca de castración” y para demostrar que constituye el punto de blocaje de la análisis freudiana, Lacan, en su seminario sobre la Angustia, va a salir de estos limites para encontrar otras, el limite del asunto de la castración imaginaria, pues el niño, que es dotado del órgano, imagina la posibilidad de perderlo, mientras la niña, que no lo tiene, imagina la posibilidad de tenerlo. Pero para Lacan, la angustia de castración, que es el fruto de ese asunto imaginario, no es el único ni el ultimo índice de la verdad que falta, la que busca a desenmascarar la Angustia. Lacan propone la hipótesis de un mas allá de la “roca de castración” de Freud, inventando el objeto.
El otro blocaje que va a encontrar, es el “vicio de estructura” como lo nombra, una carencia real, un vacío que no se puede simbolizar dentro del corazón del sujeto. Es en este vacío irreductible que surge la angustia y es eso, para Lacan, que constituye una carencia. En la transferencia freudiana, Freud ocupaba un lugar hecho fálico, que no faltaba, padre idealizado, seductor, mientras el analista ocupa un lugar vacío, para dejar su sujeto descubrir el verdadero amor, para que se pregunte cosas sobre su carencia que anima el deseo. La roca en la que se blocaban las mujeres, ¿no podría ser la de Freud? El contexto político y cultural de lo sexual es importante, en Viena, al inicio del siglo XX, Freud también estaba preso en una sociedad patriarcal.
En el contexto actual, el hombre moderno esta de nuevo enfrentando con el sexo y la sexualidad, luego, con el deseo, y no del lado de su florecimiento, como lo hubiéramos podido creer, sino frente a las fuerzas conservadoras de la orden moral occidental y de los fundamentalismos religiosos. El cuerpo, sometido al imperio de las imágenes, circula en internet, y se vuelve un lenguaje de demostración, excitando de esta manera la pulsión fluoroscópica de cada uno. El cybersexo por ejemplo, produce muchas imágenes y sus avatares, la cuestión del velo siendo su ilustración. Hoy día, el malestar en la cultura se vincula por una parte con el malestar del deseo que toma otras formas, para decir que entre mujeres y hombres, anda difícilmente. ¿Cómo podría ser eso diferente, ya que tienen modos diferentes de gozar, y que ambos están sometidos a una construcción diferente de sus fantasías?

Chantal Cazzadori

Notas :

1. Lacan, los escritos, p.268
2. Heidegger, la experiencia del pensamiento, in Preguntas, III, Paris 1966, P.133
3. Robert Levy, “la sexualidad femenina : cuidado peligro” Seminario 5
4. pagina de análisis freudiana (analysefreudienne.net)

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