Casa dos Cata-Ventos. Une stratégie clinique et politique des soins apportés à l’enfance.

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UNE PSYCHANALYSE DANS LA VILLE DE PORTO ALEGRE :
c’est comme un espace « Dolto » dans un bidonville !

Des psychanalystes œuvrent sur le terrain, en lien avec l’Université et une association psychanalytique. Depuis 2010, le projet est lancé dans l’esprit « d’une maison verte »,  pour accueillir des enfants d’un jour jusqu’à 12 ans, ainsi que des femmes enceintes parfois.
En réalité, les enfants accompagnés de frères et ou de sœurs, issus de la favela, arrivent à la Casa Dos Cata-Ventos. Que font-ils ? Ils jouent, racontent, écoutent des histoires.. C’est un fonctionnement libre puisque les enfants y viennent sans inscription, spontanément. Le temps prévu par l’association s’organise autour d’une journée. D’abord ils se nomment : nom, prénom écrit sur un tableau lisible par tous. Ainsi identifié, l’enfant devient sujet de sa parole. Ce qui va compter ici primordialement c’est qu’il naisse à son désir. Soumis à une violence innommable , c’est dans ce lieu pacifiant, qu’ils vont pouvoir, par la médiation de l’équipe pluridisciplinaire, en dire quelque chose. Des psychologues, psychanalystes, étudiants, stagiaires, éducateurs, enseignants professionnels de santé, salariés ou étudiants, reçoivent des bourses d’étude de l’Université pour effectuer ce travail d’accueil et de recherche. C’est ce que vont nous exposer les quatre auteurs de l’article qui suit. 

Chantal Cazzadori

Casa dos Cata-Ventos. Une stratégie clinique et politique des soins apportés à l’enfance

Dans ce travail, nous présentons le projet né d’un partenariat entre l’Institut de psychologie de l’Université Fédérale du Rio Grande do Sul (UFRGS) et l’Association Psychanalytique de Porto Alegre (APPOA) : la Casa dos Cata-Ventos [en français, La Maison des Girouettes]. Une structure Dolto, un lieu pour jouer, parler et raconter des histoires ; un lieu qui accueille la vie ordinaire, une psychanalyse dans la ville. La Maison se trouve sur un territoire de la ville de Porto Alegre qui passe quasiment inaperçu même s’il est situé près du centre ville, de deux universités (UFRGS et PUCRS) et en face d’un centre commercial. Il s’agit du bidonville Vila São Pedro, un nom hérité de sa proximité avec l’hôpital psychiatrique São Pedro. Ses habitants vivent dans des conditions socioéconomiques très précaires et cohabitent avec l’exclusion de tous les droits et ressources auxquels ont accès lesdits « citoyens ». Ils vivent du ramassage et de la revente de déchets qui s’amoncellent et débordent des petites baraques, se confondent avec leurs habitants. Les habitations n’ont pas de sol en dur et les égouts sont à ciel ouvert, d’où la présence constante de mouches et d’une odeur nauséabonde.

La communauté est soumise à de multiples violences: abandon social, force parallèle et perverse du trafic de drogues, action policière qui touche arbitrairement et de façon inhumaine les adultes et les enfants. Dans cet environnement hostile, les habitants résolvent les conflits quels qu’ils soient par la répétition de ces vécus, donc par plus de violence. D’après Paulo Endo (2005) ces territoires sont des espaces « potentiellement traumatisants » de par l’absence et la dérégulation de moyens de protection des habitants. Ils ne sont pas seulement plus exposés que les habitants d’autres quartiers de la ville, ils sont toujours sur le qui-vive et très souvent angoissés par la possibilité d’apparition traumatique de la violence, qui peut surgir à tout moment et quand on ne l’attend pas.

Cette violence constamment présente finit par imprégner toutes les relations et se reproduit dans les relations des enfants entre eux et avec le personnel de la Maison.

« Nous savons que des initiatives comme la nôtre présentent des limites face à la complexité des problèmes d’ordre structurel à affronter pour que les sujets qui habitent ces espaces sortent de l’exclusion dans laquelle ils se trouvent et participent plus largement aux ressources (sociales, économiques, politiques et culturelles) indispensables à l’accroissement de leur normativité sociale et de leur pleine citoyenneté » (Benilton, 2008).

Concernant ce type d’initiatives, nous n’ignorons pas le risque de psychologisation, d’incorporation de questions et de problèmes d’ordre existentiel, politique ou socio-économique dans un « discours compétent », technique. Néanmoins, ces questions ne nous empêchent pas de créer un dispositif qui peut être utilisé par des enfants et des adultes pour augmenter leurs chances de vivre de manière plus autonome, créative et satisfaisante. Le projet fait la jonction entre les effets cliniques et politiques, même si cela ne constitue pas l’objectif premier de la Maison.

Notre travail se situe sur les bords de l’intervention clinique, sociale et éducative sans être à proprement parler aucune d’entre elles, mais il est sans aucun doute délimité par la psychanalyse. Il ne s’agit pas d’une intervention éducative, malgré sa présence possible, parce que nous considérons que les soins possèdent une fonction éducative et d’orientation ; autrement dit,ils peuvent avoir valeur d’inscription et de rôle dans la santé psychique des enfants. Il ne s’agit pas davantage d’une intervention sociale, même si l’objectif est de produire des sujets plus autonomes, moins résignés et rendus muets par la douleur, des sujets désirants qui assument des responsabilités dans la vie sociale.

Il n’est pas non plus question de l’application d’une méthode, mais de la construction d’un espace ouvert au jeu et à la parole, des ressources de symbolisation et d’élaboration infantiles.
La Maison est un dispositif clinique et possède une temporalité particulière. Comme le rappelle Bezerra (2008), elle est un essai, une expérimentation, un lieu de réinvention, de renouvellement de l’écoute et du regard.

Françoise Dolto concevait la Maison Verte comme un espace de transition entre la famille et l’école. Nous concevons la Casa dos Cata-Ventos de la même manière, mais aussi comme un lieu qui promeut le glissement de la violence aux mots, où un Autre violent, sans loi, peut céder la place à une autre version de l’Autre social, soutenue par les professionnels qui interviennent. Dans cette perspective, Bezerra (1999) affirme que « toute clinique est sociale et toute politique concerne la vie subjective de chaque individu. La singularité ne peut surgir et être vécue que dans le champ des relations avec les autres sujets, le champ de ses relations sociales. Et ces dernières n’acquièrent un sens que si elles se reproduisent ou se modifient conformément à l’appréhension des sujets ».
Nous savons que le symptôme clinique se produit à l’intersection entre la manière dont le sujet résout son fantasme et le discours social. Le symptôme est singulier, cependant il n’est pas individuel. Il est singulier en raison du type d’élaboration de cette combinaison, mais il est à la fois individuel et collectif (Jerusalinsky, 2011). Ou, pour reprendre les termes de Lacan (1949) : « Les souffrances de la névrose et de la psychose sont pour nous l’école des passions de l’âme, comme le fléau de la balance psychanalytique, quand nous calculons l’inclinaison de sa menace sur des communautés entières, nous donne l’indice d’amortissement des passions de la cité » (Lacan, cité par Ubijara, 2013, p. 71).
Nous proposons de penser sur la dimension d’une temporalité qui introduise la possibilité de l’inclusion et de la reconnaissance à travers un acte clinique et politique de pari/supposition d’existence d’un sujet de désir, d’un narrateur. Un lieu où il est aussi possible de penser le concept de témoin. Nous avons pu observer combien l’espace/temps des heures d’ouverture inclut une dimension temporelle qui permet à quelqu’un de vouloir être, y compris par le jeu et par la parole et, si possible, d’élaborer des traumatismes.
Pour Benjamin (1985), les survivants de la Deuxième Guerre mondiale sont revenus muets des tranchées parce que ce qu’ils avaient vécu ne pouvait plus être assimilé par des mots. Dans Le narrateur, il ébauche l’idée d’une narration sur les ruines du récit, une transmission entre les débris d’une tradition en miettes. De l’avis de Gagnebin (2006), cette proposition naît d’une injonction éthique et politique : « ne pas laisser le passé tomber dans l’oubli. Ce narrateur serait la figure du chiffonnier, du ramasseur de déchets, ce personnage des grandes villes modernes qui recueille le rebut, les restes, les détritus, mû sans aucun doute par la pauvreté, mais aussi par le désir de ne rien laisser se perdre ». Ce narrateur recycleur ne cherche pas à récolter de grandes quantités. Il doit surtout ramasser ce qui est laissé de côté comme quelque chose qui n’a pas de sens. Quels sont les éléments de trop du discours historique ? Benjamin en compte deux : en premier lieu, la souffrance indicible ; en second lieu, ce qui n’a pas de nom, l’anonyme, ce qui ne laisse aucune trace.
Nous qui travaillons dans cette communauté depuis bientôt 4 ans, sommes-nous aussi des narrateurs récoltant les débris, les détritus, les déchets pour que rien ne se perde de cette violence et de cette exclusion ? Avec le temps, nous avons appris à contextualiser certains jeux des enfants, ou leur absence. Au cours du deuxième semestre de l’année 2013, nous avons vécu deux journées emblématiques.
Durant l’une de ces journées, aucun jeu ne s’organisait. Tous les jouets avaient été éparpillés dans la cour et détruits avec une grande violence. Les interventions restaient sans effets. Un enfant de 3 ans passait son temps à enterrer des poupées sans faire attention au chaos environnant. Tous les adultes qui s’approchaient ne réussissaient pas à opérer un glissement dans ce qui se répétait inlassablement. Vers la fin de la journée, l’une de nous s’est approchée de lui avec un camion et lui a proposé un nouveau jeu : transporter de la terre pour la maison de son cousin qui jouait un peu plus loin. Il a accepté et a pu ainsi sortir de l’enterrement interminable et angoissant. Il est important de signaler que la plupart de nos interventions auprès des jeunes enfants se font sans la présence des parents ou de ceux qui s’en occupent, parce qu’ils viennent généralement à la Maison avec leurs frères et sœurs un peu plus âgés. L’histoire des enfants et du territoire sont construites a posteriori dans les réunions d’équipe, pendant lesquelles sont cousues des fragments de récits et repensés les interventions et le dialogue avec le réseau de protection de l’enfance.

Deux ou trois semaines après cette journée, tout le quartier était en effervescence. Les enfants et les femmes criaient leur désespoir. Personne n’avait dormi cette nuit-là (et plusieurs autres). La police est entrée violemment dans les maisons au petit matin et a semé un climat de terreur dans le bidonville. Un jeune consommateur de crack a été roué de coups par les policiers à l’aube, au milieu du bidonville. Ses cris ont réveillé tout le monde. La peur a empêché toute action. Il a été battu quasiment à mort et laissé livré à lui-même, sans assistance médicale. Quand nous sommes arrivés sur place, les femmes nous ont demandé d’appeler le SAMU : le fait que nous venions de l’université convaincrait peut-être les secours à se déplacer. Parce qu’il s’agit d’un territoire contrôlé par les dealers, les services de l’État sont pratiquement absents et ils ne répondent pas aux appels à l’aide. Il est intéressant d’observer que la seule personne qui a eu le courage de retirer le jeune homme de la rue et de l’emmener chez lui pour le mettre à l’abri était un sujet psychotique.
Les enfants ont parlé de leurs expériences des derniers jours, raconté la terreur vécue par eux, par leur famille et leurs voisins au cours des nuits. Après avoir rompu le silence provoqué par la peur mais aussi par l’accord voilé du territoire, ils ont demandé à jouer. Ils se sont déguisés, se sont parés de plusieurs couleurs et ont commencé par jouer au jeu du loup dans la forêt – en courant dans la cour pour échapper au méchant loup. Comme le faisait déjà remarquer Freud, les enfants jouent activement avec les situations vécues passivement. Après nous avoir raconté l’horreur, ils pouvaient fuir le méchant loup. Le jeu suivant consista à recréer un lieu de culte d’Umbanda. Ils ont confectionné des costumes de pères/mères de saint [cf. Note de bas de page], puis demandé à une adulte de mettre une robe et de rentrer dans le jeu pour « apprendre comment on fait ». Il ne s’agissait pas de chanter ou de danser avec eux, simplement de regarder et d’apprendre. Les enfants ont passé l’après-midi à incorporer des divinités orishas, à danser et à chanter tandis que l’adulte, assise, était le témoin de tous leurs mouvements, de tous leurs savoirs sur le sujet. Elle a écouté leurs chants et demandes de protection, soutenu un temps/espace symbolique différent de celui vécu pendant les nuits de terreur.
Le jeu d’Umbanda a eu un effet apaisant sur les enfants. Leurs demandes ont été entendues par quelqu’un. Même les personnes dans la rue s’arrêtaient pour regarder le joli jeu qu’ils avaient construit. Toute l’équipe est restée auprès d’eux pour écouter l’horreur et, dans un deuxième temps, supporter un Autre espace. Nous avons été témoins des récits et de la potentialité créative de ces enfants. Quand le sujet est écouté, il peut se reposer, calmer l’angoisse vécue depuis la nuit antérieure. Et c’est ainsi que les enfants ont terminé le jeu et sont rentrés chez eux, bien avant la fin de la journée. Ce jour-là, la fin de notre travail a été établie par le temps logique.
Quand Gagnebin (2006) évoque le concept de témoin, il ne s’agit pas de celui qui a vu de ses propres yeux. Il est celui qui ne part pas, qui réussit à entendre le récit insupportable de l’autre. Et seule la transmission symbolique, assumée malgré et à cause de la souffrance indicible, seule cette reprise réflexive de ce qui a été vécu peut aider à ne pas répéter mais à oser esquisser une autre histoire, à inventer le présent.
Miriam Debieux Rosa (2002) voit une spécificité dans l’écoute de ces sujets exposés en permanence à la violence et à l’exclusion. Elle remarque qu’« il faut tenir compte du fait que l’exclusion de l’accès aux biens, l’exclusion des modes de jouissance de ce moment de culture, a pour conséquence un effet de reste chez le sujet. Il est important de ne pas confondre ce lieu de reste dans la structure sociale avec une subjectivation du manque, qui promeut le désir. L’identification du sujet à ce lieu de reste, de déchet, est un des facteurs qui rend difficile son positionnement dans la trame de savoir et qui va caractériser son discours, parfois marqué par le silence ». (p. 12)
Le rêve de Primo Levi (Levi In Gagnebin, 2006) illustre l’horreur de l’absence de l’écoute. Pendant qu’il se trouve dans le camp de concentration d’Auschwitz, il découvre qu’il fait le même rêve que presque tous ses compagnons : il rêve qu’il rentre chez lui, intensément content de pouvoir raconter à ses proches l’horreur vécue et encore vivante et, soudain, il perçoit avec désespoir que personne ne l’écoute, que tout le monde se lève et s’en va, indifférent. Et Primo Levi de se demander : « Pourquoi la souffrance de chaque jour se traduit-elle constamment, dans nos rêves, en une scène toujours répétée du récit que les autres n’écoutent pas ? » (p. 55)
Gagnebin (2006) fait également référence au personnage qui se lève et qui s’en va, indifférent. Il faut ici tenir compte d’un choix. Nous n’avons pas à demander pardon d’avoir eu la chance de ne pas être les héritiers directs d’un massacre. En outre, si nous ne sommes pas privés de l’exercice de la parole et que nous pouvons même en faire un des champs de notre activité, notre tâche consiste surtout à rétablir l’espace symbolique où peut s’articuler un tiers (celui qui ne fait pas partie du cercle infernal du tortionnaire et du torturé, de l’assassin et de l’assassiné) – ce qui, en s’inscrivant dans un ailleurs possible en dehors du couple mortifère bourreau/victime, donne à nouveau un sens humain au monde.

L’enjeu du projet/programme que nous développons est d’être ce tiers qui permet, par sa présence et son désir de maintien de l’espace et de l’écoute, d’ouvrir des brèches dans le temps, des fentes dans le temps. Le temps permet au sens de s’ouvrir. Il faut instaurer un temps pour parler des invasions, des violences.
Notre enjeu se situe dans l’écoute psychanalytique, dans sa capacité à produire des effets structurants et organisateurs.

Côtoyer des situations aussi violentes fait courir un risque énorme : celui d’être pris dans les discours victimisants, culpabilisants ou qui prétendent affirmer la vérité définitive sur ce qu’est la violence, le crime, la douleur ; en somme, tout ce qui ferme les chemins vers l’écoute. Selon Endo (2005), le risque est d’avoir à la place du témoignage un « discours rattaché à lui-même, pas sûr de la vérité fragile qu’il véhicule, une vérité immergée dans le doute et qui tend en conséquence à se proclamer répétitivement et à l’infini, rendant insignifiant – et pas essentiel, comme dans le témoignage – la présence de l’interlocuteur » (Endo, 2005, p.265).
C’est dans le témoignage, à partir de la rencontre intersubjective médiée par l’écoute, qu’il peut y avoir un engagement et une responsabilité par rapport à ce qui se dit et ce qui s’écoute. Pour qu’il y ait une écoute (telle que la définit la psychanalyse), la rencontre est médiée par un « principe d’ignorance » (Endo, 2005, p.265), aussi bien de celui qui écoute que de celui qui parle, afin que le non su puisse surgir.
Ce non su doit pouvoir sortir de la condition d’objet-déchet que lui attribue la société pour que le manque-à-être ne signifie pas une menace mais une rencontre par laquelle peut se produire le nouveau (Debieux, 2005).
Notre intervention vise la valeur subversive de la parole pour sortir ces sujets du mutisme et de la violence ; écouter les enfants et les adolescents en tant que sujets pour leur offrir d’autres manières d’élaborer leurs douleurs, leurs inquiétudes et leurs réactions habituelles. Qu’ils ne soient pas prisonniers de la répétition et identifient d’autres versions, d’autres scènes possibles, d’autres trames. 
Nous proposons un environnement capable de remplir sa fonction au sens winnicottien : accueillir et pourvoir, loi et reconnaissance.
Les enfants et les adolescents qui circulent dans la Maison prennent part aux décisions : ils participent de l’élaboration et de l’entendement des règles de convivialité. Nous soutenons un lieu qui cherche à ne pas mettre fin à la possibilité de dialogue en préservant la loi de la Maison : personne ne peut être blessé ou agressé.
De même que Françoise Dolto pour la Maison Verte, nous ne parlons pas d’enfants, nous parlons avec les enfants !

Ana Maria Gageiro
Eda Estevanell Tavares
Renata Maria Conte de Almeida
Sandra D. Torossian

Bibliografie :
BEZERRA JR, Benilton . Prefácio: “Tecendo a rede”. In Tecendo a rede: trajetórias da saúde mental em São Paulo. S. Paulo: Cabral Universitária, p. 18, 1999.
CARDOSO, Ubirajara Cardoso de. “A pertinência pública do ato psicanalítico”. Curitiba, Juruá, 2013.
ENDO, Paulo Cesar. “ A violência no coração da cidade”. São Paulo, Escuta, 2005.
GAGNEBIN, Jeanne Marie. Lembrar, escrever, esquecer. São Paulo, Ed 34, 2006.
JERUSALINSKY, Alfredo e col. “ Psicanálise e desenvolvimento infantil”. Porto Alegre, Artes e Ofícios,  1999.
LEVI, Primo. “É isto um homem?”. Rio de Janeiro, Rocco, 1988.
ROSA, Miriam Debieux. “Uma escuta psicanalítica das vidas secas” In Textura. Revista de Psicanálise,  n. 2,  USP, São Paulo, 2002.

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