Quelle politique pour la Folie?

Guy DanaC’est un livre qui donne envie d’aller voir plus loin. 288 pages qui poussent à se rendre à Longjumeau dans l’Essonne, à quelque 20 kilomètres au sud-ouest de Paris, pour voir comment on peut résister au discours de la peur lorsque l’on entreprend de soigner la folie. Car dans Quelle politique pour la folie?, le Psychiatre et Psychanalyste Guy Dana défend farouchement l’idée que la folie peut s’apaiser lorsqu’une certaine liberté de circulation lui est accordée. Lire la suite

Espace et psychose. Par Guy Dana

psyche-1024173_1280Finalités

J’ai essayé par une construction à étapes de subvertir l’organisation sectorielle telle qu’elle avait été initiée dans les textes fondateurs ; ceux-ci, au moment où s’ouvraient les asiles dans les années 1960, voulaient assurer une continuité des soins et rapprocher les consultations du domicile des patients. Toutefois ce discours fonctionnel, pour louable qu’il soit, ne permet pas d’exploiter le potentiel de cet outil appelé secteur qui se présente d’abord comme un espace. Lire la suite

Discussion avec Guy Dana, par Robert Lévy

psychiatrie-patient-gTout d’abord, le secteur initial est un lieu où en effet accédant davantage à un statut de malade, le fou pouvait maintenant sortir, vivre en famille, circuler dans les rues, à condition de garder un lien avec son psychiatre. Il ne faut pas oublier que ces traitements que l’on peut qualifier de masse étaient avant tout le résultat de l’avènement des neuroleptiques.
Ce traitement de masse du sujet devenu désormais « cas ».
Comme le rappelle Carlos Parada en deux ans, en 1955 jean Delay convoque un colloque sur la Chlorpromazine qui fut un succès sans précédent alors que 4millions d’américains avaient déjà eu recours à ce traitement …
Il n’en demeure pas moins que la conclusion de Jean Delay fut la suivante. Lire la suite

COUP DE SANG: les dérives sans fin de la contention en hôpital psychiatrique

218080_640_360Depuis près de cinq ans se succèdent enquêtes et rapports pointant une dérive généralisée des pratiques d’isolement et de contention dans les établissements publics de santé mentale. Pourtant, il ne se passe rien. Les autorités administratives et politiques ne réagissent pas, ou se limitent au service minimum alors que devant le moindre incident sanitaire, la ministre de la Santé va sur le terrain, tempête, et lance une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Lire la suite

L’infantile en psychanalyse, par Robert Lévy (livre)

14402648_4226476Présentation

L’auteur présente le résultat d’une recherche de trente années sur la constitution du symptôme chez l’enfant : comment certaines modalités de souffrances peuvent disparaître en quelques consultations alors que d’autres nécessitent un traitement au long cours ? Entre l’infans et la période de latence, l’auteur définit l’infantile – période de l’enfance comprise entre deux ans et cinq ou six ans – par le fait que le refoulement secondaire n’a pas encore été effectué. Cela se traduit par un manque de métaphorisation ainsi que par une construction particulière du symptôme sur le mode métonymique ; ce dont témoignent à la fois la clinique et les théories de Freud et de Lacan auxquelles l’auteur se réfère essentiellement. À cette même période de l’infantile, on peut souvent constater une résolution rapide des symptômes pour autant que l’on associe les parents au processus thérapeutique. L’infantile est donc un concept, en psychanalyse, qui permet de montrer que la métaphore paternelle, nécessaire à l’entrée de l’enfant dans le langage, n’est qu’un long processus de maturation psychique qui se poursuit jusqu’à la fin de cette période. Dès lors, l’auteur propose de fonder une psychopathologie de l’enfant qui s’appuie non seulement sur les effets produits par la forclusion du Nom-du-Père mais aussi sur le manque de refoulement et, par conséquent, sur l’absence de métaphorisation.

https://www.cairn.info/l-infantile-en-psychanalyse–9782749209562.htm

Les Nouveaux Cahiers pour la folie n°6

photo_couv1_276_1447674261Patricia Janody (dir)
Les Nouveaux Cahiers pour la folie sont nés d’un pari sur l’utopie. Dans une période où tout concourt à faire taire les voix de la folie, et jusque dans les milieux psychiatriques, cette revue reçoit joyeusement des contributions émanant de diverses personnes impliquées dans les différents bords de la folie: poèmes, dessins, lettres, photos, déclarations, protestations, propositions… Concrètement, y interviennent tant des personnes soignées en psychiatrie que des personnes ayant fonction de soignant, ou tout un chacun qui se sent concerné à quelque titre que ce soit.
Date de parution : septembre 2015
112 pages
Illustrations
ISBN : 978-2-35427-171-8

http://www.epel-edition.com/publication/276/les-nouveaux-cahiers-pour-la-folie-n-6.html

« Être un homme » ou « Être une femme » au XXIème siècle par-delà toute norme

© Marie-Pierre Valat

© Marie-Pierre Valat

J’appuierai les arguments énoncés dans cette conférence sur l’ouvrage de Clotilde Leguil
« L’être et le genre », Homme/Femme après Lacan, paru en 2015 au Puf.

Cette question sur l’identité sexuée nous renvoie aux études de genre qui portent « le trouble dans le genre », selon l’expression de Judith Butler, trouble qui suscite autant de réticence et de passion dans nos sociétés démocratiques et contemporaines. Lire la suite

Quelques aspects de la PERVERSION

© Antoine Roegiers - Le désir, 2016

© Antoine Roegiers – Le désir, 2016

Un peu d’histoire sur ce concept.
Il est toujours aussi fréquent d’affirmer: « C’est un pervers ! c’ est une perverse ! », « Il essaie de me manipuler, c’est un pervers », ne sommes-nous pas en train de généraliser la perversion comme nous le faisons avec la paranoïa ? Mais de quoi parlons-nous véritablement puisque la nomination pervers(e) comme substantif continue dans l’opinion dite éclairée, comme dans le discours médico-légal ou psychologique voire psychanalytique.
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De l’a-structure à une structure sans « a » ?

Le cheminement de la structure
Journée d’Etude d’Analyse Freudienne – 19 mars 2016

Je remercie Robert Lévy qui a eu la gentillesse de me convier à partager avec vous ce travail d’élaboration autour de la difficile question de la structure. J’étais tentée de refuser, vu ma charge de travail actuelle. Mais, toute réflexion faite, j’ai accepté en me disant que j’avais peut-être quelque chose à dire dans ce domaine, en partant de ma clinique et de mon parcours personnel.
Vous me permettrez donc de repartir de la clinique du bébé, et plus précisément de la clinique de l’origine des processus psychiques, et de ce que la clinique des états autistiques nous enseigne là-dessus.
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